Raphaëlle DUFOUR est Présidente de l’ONG « Dignité internationale »
LA PERCEPTION DES ÉVÈNEMENTS ET LES LEÇONS À EN TIRER
Nous nous réunissons cette après midi pour la seconde partie de notre colloque.
Je m’efforcerai de présider cette table ronde comme cela a été fait ce matin, en permettant à chacun d’exprimer son point de vue, dans le temps qui lui est imparti, afin d’éclairer du mieux possible les tragiques événements qui ont déchiré le Rwanda et durant lesquels la France est intervenue, ce qui fait également débat.
Paul QUILES nous a engagés ce matin à écrire l’Histoire et il a raison. Avant d’être interprétation, l’Histoire est une succession de faits dont la chronologie et les interactions sont essentielles à la lecture qui en sera faite. Cette lecture positive ou négative influera longtemps sur les rapports entre les Rwandais, mais également sur ceux de la France et du Rwanda.
Sans doute ne pouvons-nous faire abstraction des conséquences de la colonisation période durant laquelle les alliances se sont construites au fil d’intérêts somme toute assez éloignés de ceux de la population de ce petit pays dont on a pu dire qu’un doigt posé sur la carte de l’Afrique le ferait disparaître.
Comment un peuple en vient-il à produire son propre génocide, je parle ici de ce qui est pour moi le peuple rwandais, puisqu’il nous a été dit ce matin que nombre de familles se comportent de Tutsis mais aussi de Hutus.
Génocide, double génocide ? Ces mots contiennent tant d’horreurs qu’ils me conduisent à poser la question première que chacun d’entre nous se pose : Comment est ce possible ? Quels sont les mécanismes qui engendrent le processus ? La France aurait-elle pu agir différemment ?
Enfin Mesdames et Messieurs, les Tutsis et les Hutus vont devoir réapprendre à vivre ensemble, comment faire, quel est le chemin ?
C’est à ces questions que nos intervenants vont apporter leurs réponses.