Jacques GERARD, Membre honoraire du Conseil économique et social
Note liminaire
Que l’on me comprenne bien ! Avec cette cinquantaine de « questions impertinentes », il ne s’agit nullement pour moi de mettre en cause le comportement sur le terrain des troupes françaises ou onusiennes dont – sauf quelques exceptions limitées décrites par ailleurs et qui ne concernent nullement la France –, le comportement a généralement été parfaitement exemplaire. Mais bien de rechercher pourquoi elles n’ont pas reçu, au moment où il le fallait, parfois les moyens et plus souvent les instructions qui leur auraient permis de mettre fin au drame rwandais avant qu’il n’atteigne l’intolérable. Introduction
L’introduction du rapport du 15 décembre 1999 de la Commission indépendante d’enquête sur les actions de l’organisation des Nations-Unies lors du génocide de 1994 au Rwanda s’interroge sur le rôle de la communauté internationale dans cet insupportable conflit : « Outre qu’elle n’a pas empêché le génocide, la communauté internationale n’a pas fait cesser la tuerie une fois qu’elle a commencé… » Il ajoute ceci : « Il importe aussi que cette admission [celle de ses « défaillances »] s’accompagne… de la volonté résolue de faire en sorte que des catastrophes telles que le génocide au Rwanda ne se produisent jamais plus, où que ce soit. » Ce rapport reconnaît que la communauté internationale n’a pas su apprécier convenablement les ressorts de ce conflit et les ambitions réelles de ses différents acteurs, qu’elle n’a pas su mobiliser les ressources et l’engagement politique nécessaires, qu’elle a commis de graves erreurs dans la mobilisation et l’affectation des moyens pour y faire face. A l’analyse de ce rapport, mais aussi de celui de 2000 de l’OUA ainsi que du rapport parlementaire français de 1998 et des débats sénatoriaux belges de décembre 1997, permettez-moi de vous soumettre, selon un ordre à peu près chronologique, quelques questions que d’aucuns jugeront impertinentes et qui concernent la plupart des acteurs de cette crise majeure dans l’histoire de l’humanité. Si certaines d’entre-elles ont pu être clarifiées depuis la publication de ces rapports, qu’on veuille bien les ignorer. Pour les autres, si des réponses satisfaisantes leur étaient données – et en particulier à celles qui visent à tirer des leçons pour l’avenir - je veux alors bien croire que, oui, il serait possible que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais !
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