Victoire INGABIRE UMUHOZA, Présidente de Forces Démocratiques Unifiées
Suite à la guerre déclenchée par le Front patriotique rwandais, FPR, le 1 Octobre 1990 et ses cohortes de tueries de masse ainsi qu’à l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion présidentiel rwandais, que tous les observateurs impartiaux considèrent comme le détonateur du génocide rwandais, un Rwandais sur trois fut emporté par cette folie meurtrière faite de crimes de génocide, de crimes de guerre et d’autres violations graves du droit humanitaire international d’une ampleur et d’une barbarie innommables. Il n’y a aucune famille rwandaise qui ne déplore la perte d’au moins un de ses membres. Les FDU condamnent énergiquement tous ces crimes. Nous nous inclinons devant toutes ces victimes, nous honorons leurs mémoires et compatissons à la douleur des survivants, sans aucune distinction.
Lors de la création par le Conseil de Sécurité de l’ONU, le 08 novembre 1994, du TPIR, chargé de juger les auteurs de crime de génocide, de crime de guerre et des crimes contre l’humanité commis sur le territoire rwandais, et sur le territoire d’Etats voisins entre le 1 janvier et le 31 décembre 1994, le peuple rwandais a un moment cru à la possibilité d’une justice impartiale, sous les auspices de la Communauté Internationale. Une justice pouvant aider à mettre un terme à l’impunité et constituer une solide fondation pour la réconciliation nationale au Rwanda. C’est pour cette raison que le peuple rwandais a salué avec grand espoir cette décision.
Aujourd’hui 13 ans après, le peuple rwandais est complètement déçu par ce tribunal, qui est devenu un instrument politique au service d’intérêts étrangers à la justice et à la réconciliation. Le TPIR est l’incarnation même d’une justice des vainqueurs. Il est utile de rappeler que le général Kagame et son équipe au pouvoir aujourd’hui sont co-responsables du drame rwandais comme le confirme un des transfuges du FPR, le lieutenant Ruzibiza . Ce dernier affirme que l’ Armée Patriotique Rwandais ( APR), dont le chef suprême et le général Kagame a massacré les gens de toutes les ethnies avec pour objectif de semer l’anarchie pour faciliter sa prise du pouvoir, au prix même de l’extermination de tout un peuple. Et le général Dallaire commandant des Forces de l’ ONU au Rwanda ( MINUAR), dans son livre intitulé « J’ai serré la mais du diable » écrit : « Quand j’ai demandé à Kagame d’aller directement à Kigali pour arrêter les massacres des Tutsi, il m’ a répondu que s’ il y avait un prix à payer, ce serait à ces Tutsi de le payer! »
Aujourd’hui les familles des victimes ne comprennent pas pourquoi, 13 ans après sa création, le bureau du procureur général du TPIR, dont le chef est Mr Hassan Boubacar Jallow, laisse les crimes du FPR impunis, alors qu’ il existe des témoignages abondants et accablants à charge des membres du FPR.
Si le TPIR avait mis fin à l’impunité dont jouissent les criminels au sein du gouvernement FPR, les 8.0000 personnes déplacées des camps de Kibeho (Sud-Ouest du Rwanda) n’auraient pas été massacrées, en une seule journée, le 22 avril 1995.
Si le TPIR avait mis fin à l’impunité dont jouissent les criminels au sein du régime FPR, 300.000 réfugiés rwandais et Congolais d’expression rwandaise n’auraient pas été massacrés dans les forêts congolaises. Si le TPIR avait mis fin à l’impunité dont jouissent les criminels au sein du régime FPR, la République Démocratique du Congo n’aurait pas été envahie. Elle n’aurait pas été le théâtre d’une guerre régionale. Les 4 millions de Congolais, morts directement ou indirectement à cause de la guerre d’agression lancée contre elle à partir de Kigali, seraient encore en vie.
Si le TPIR avait mis fin à l’impunité dont jouissent les criminels au sein du gouvernement FPR, il n’y aurait pas eu de tentatives de sécession du Nord-Kivu, abusivement présentées par un agent aux ordres de Kigali, sous la couverture de revendications fallacieuses et 700.000 Congolais déplacés par cette nouvelle agression seraient tranquillement occupés à se reconstruire et à reconstruire leur province.
La communauté internationale doit comprendre que l’indifférence manifestée envers tous les morts non Tutsi dans la région des Grand Lacs sera interprétée ni moins ni plus comme une complicité de génocide et en tout cas comme une caution aux crimes contre l’humanité imputables au régime FPR, responsable de ces massacres.
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